Chronique de livre · roman

Chronique de livre: Les Silences de Thalès

Les Silences de Thalès (Bayères-sur-Loire #1), de Hélène Louise

28644561Description:

Thalès vient d’emménager à Bayères-sur-Loire.
Elle a seize ans, un prénom improbable et le goût des mots.
Elle a un nouveau chien, un nouveau chat, une nouvelle maison.
Elle a aussi un père, Pierre (professeur de mathématiques, vraisemblablement dépressif, addict au crochet) et une petite sœur, Sidonie (surdouée, hypersensible, gothique).
Mais depuis un an déjà, Thalès n’a plus de mère.
Les vacances d’été commencent…
Entre deuil-story et comédie romantique, une histoire positive et divertissante

J’ai reçu un exemplaire papier de ce roman de la part de l’auteure, un grand merci à elle. Bien entendu cela n’impacte en rien mon avis. 

Quelle belle surprise que ce petit roman YA à la sauce française! Je dois dire qu’au départ j’avais peur de ne pas accrocher, grande lectrice de Science Fiction et de Fantasy, je ne me tourne vers des lectures contemporaines que très rarement. Néanmoins, ce roman a l’air d’avoir été écrit avec des personnes comme moi en tête, et ça marche.

“Il était tard, mais comme je n’avais pas sommeil, j’ouvris mon kindle, en baissai la luminosité au maxi et commençai à lire.”

Des personnages qui aiment le fantastique (de Doctor Who à Harry Potter), saupoudrent leur langage de références à ceci cela, souvent en anglais (bien entendu, l’auteure n’oublie pas d’ajouter des petites traductions et explications en bas de pages à chaque fois), envoient des SMS à longueur de journées et font attention à être ouverts d’esprits face aux différences des gens qui les entourent : comment ne pas craquer?

Quelques maladresses toutefois, tel que l’utilisation à deux reprises de “café au lait” pour qualifier la couleur de peau d’un garçon d’origine guadeloupéenne. Je n’ai de même appris que récemment via les réseaux sociaux que l’usage de termes rappelant la nourriture pour parler de couleurs de peau était très mal vu. Je n’en tiens pas rigueur à l’auteure car je pense que l’erreur est innocente, mais je me dois de le remarquer ici.
Encore une chose, par moments les utilisations de qualificateurs “de fille” pour parler de certaines lectures ou activités. A aucun moment l’auteure ne cherche à renforcer les idées de genres, au contraire même, mais quelques maladresses de langages se sont glissées ici ou là.

Après avoir vu sur Goodreads et Instagram combien Hélène Louise est attentive à lire des livres variés, parlant de sujets encore trop peu représentés en littérature, ou comme on dit en anglais des “diverse books”, je sais que ce dont je parlais juste au dessus ne sont que des maladresses. Dans une vision d’ensemble je suis heureuse de voir que ce roman reflète son intérêt pour la compassion, l’empathie et le fait d’accepter les différences.

Questionnement sur la sexualité, longues réflexions sur le deuil et familles brisées et attachantes, ce roman additionne les bonnes notes. J’ai adoré la dynamique familiale dépeinte ici. Un père attentionné, un peu perdu mais toujours là pour ses filles, passionné de crochet et de mathématique ; une petite sœur gothique et précoce qui abreuve le lecteur de son savoir sur d’innombrables sujets ; une tante au passé un peu dur, introvertie et prof de physique-chimie ; notre héroïne entrant à la rentrée en terminale, geek et bookworm introvertie encore. Petite famille tranquille veillant les uns sur les autres et qui refont lentement surface après deux deuils consécutifs qui ont bouleversé leur vie, s’ouvrant ainsi cet été là à de nouvelles rencontres.

Les Silences de Thalès prend les anciens clichés des romans YA et les retourne sur la tête pour mon plus grand plaisir. Après quelques doutes au départ lorsque Thalès prend une jeune fille en grippe du fait de sa “perfection”, ce qui m’a quelque peu énervé à première vue car je déteste ce cliché des filles montées les unes contre les autres, elle finit par faire face à ses préjugés et de belles amitiés se créent.

Une dernière chose, la maladresse pathologique “habituelle” anciennement utilisée à tout va est ici utilisée pour donner une représentation à la dyspraxie. Je ne connaissais pas du tout ce trouble du mouvement et le roman fait -je pense- un très bon travail pour intégrer ceci à l’histoire, l’expliquer et changer les idées reçues que l’on pourrait avoir.

De références au réseau social de lecture Goodreads, aux romans de Jane Austen et l’adoration d’une petite fille surdouée pour La famille Adams, ce roman est saupoudré de culture (pop et classique) et d’expériences bien françaises (telle que la conduite accompagnée.)

Serrements de cœur, sourires et éclats de rire : ce roman m’a charmé en tout point et je le recommanderait vivement, tant aux assidus de romans YA qu’aux lecteurs occasionnels.


Pour lire un extrait, c’est ici


Advertisements

5 thoughts on “Chronique de livre: Les Silences de Thalès

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s