Compte-rendu

Compte-rendu: Rencontre publique avec Christelle Dabos et Lucie Pierrat-Pajot

L944861_10153930621446131_2885035073901984265_ne Samedi 9 Avril dernier, à la Librairie Mollat de Bordeaux, j’ai pu assister à la rencontre publique qui avait lieu à l’occasion de la remise du prix du premier roman jeunesse organisé par Gallimart Jeunesse, Télérama et RTL. Celui-ci a été remis à Lucie Pierrat-Pajot pour son titre Les mystères de Larispem #1 : Le sang jamais n’oublie. Étaient présents Michel Abescat, journaliste chez Télérama et modérateur de la discussion qui a suivie, Christelle Dabos (La Passe-Miroir) gagnante de la première édition du concours en 2013, Lucie Pierrat-Pajot, leur éditrice Laure Delattre de chez Gallimard Jeunesse, Tom Lévêque, un jeune bloggeur bordelais (son blog ICI) qui faisait parti du jury, ainsi que Sarah Philippe, libraire au rayon ados chez Mollat. Vous pouvez même retrouver l’article de Gallimard Jeunesse sur le concours et le livre gagnant ICI  et la chronique de Télérama ICI !

N’ayant pu enregistrer ou prendre de notes, je vais donc faire un petit compte-rendu de ce que je me rappelle et qui me semble le plus intéressant, et pas forcément dans un ordre très chronologique ! (Et il y a sans doute aussi des choses très intéressantes que j’ai tout de même oublié, oups…) 

les-mysteres-de-larispemLucie Pierrat-Pajot a pu présenter son roman, comment son écriture s’est passé et d’où lui est venu l’inspiration. Elle raconte qu’un jour son mari, boucher de profession, lui a parlé de l’argot des bouchers : le louchebem, qui remonte au XIXe siècle. Il suffit de substituer un “L” à la consonne initiale de la première syllabe d’un mot ou — si le mot commence déjà par un “L” ou une voyelle — de la syllabe suivante et rétablir, en fin de mot, la consonne initiale avec un suffixe libre. Le titre Les mystères de Larispem peut donc aussi être compris comme “Les Mystères de Paris”. Mais ceci est un titre qui existe déjà ! Elle avoue avoir emprunté le titre à Eugene Sue (auteur, donc, de Les Mystères de Paris, sous forme de roman feuilleton) qu’elle remercie car le feuilleton est quelque chose qui l’a séduite par sa façon d’accrocher le lecteur pour qu’il revienne toujours lire la suite. Elle utilise cette même méthode en finissant ses chapitres de sorte qu’il soit impossible de poser le livre et se dire “ok je pause pour le moment et continuerais plus tard”. L’ayant lu, je peux le dire : ça marche! A partir du moment où elle a appris l’existence du louchebem, son imagination s’est emballée : société secrète, automates, Paris rétro-futuriste, livre mystérieux, on ne l’arrête plus!

Christelle Dabos nous a informé de l’avancée de son écriture du tome 3 de la Passe-Miroir et bonne nouvelle : elle en est à la moitié du premier jet! En réponse à une question, elle explique qu’elle a pour habitude d’écrire de façon linéaire, se comparant à un « tank » qui ne peut avancer qu’en ligne droite sans jamais dévier de sa trajectoire. Puis une fois finit, elle retravaille son manuscrit en réécrivant des passages, changeant des choses par-ci par-là, encore et encore. Lucie Pierrat-Pajot, ayant essayé deux méthodes (linéairement et écrire ses passages préférés en premier puis les reliant plus tard) explique qu’elle préfère aussi écrire tout d’un coup, se gardant les passages qu’elle préfère comme des récompenses, comme une « carotte » qu’elle se garde pour plus tard pour se motiver.

afficheChristelle Dabos raconte qu’elle s’inspire beaucoup de l’architecture dans les films Ghibli tel que Le Château Dans Le Ciel ou Le Voyage de Chihiro. Quelques détails de ces personnages sont piochés dans Alice au Pays des Merveilles (par exemple Thorn et sa montre : le lapin blanc, ou Archibald et son haut de forme : le chapelier fou, ou encore Ophélie, vous devinez très bien!). Elle a toujours apprécié Harry Potter et adorait la façon qu’avait J.K. Rowling de distiller des détails par-ci par-là qui étaient toujours réutilisés plus tard dans la saga et avaient leur importance. 9782070614554Christelle et Lucie citent toute deux Philip Pullman pour son univers steampunk uchronique plein de machines.

Contrairement à Lucie qui a commencé très jeune à écrire des nouvelles, gagner quelques concours et prendre confiance en son écriture au fil du temps, Christelle a commencé en écrivant pendant les cours à la fac. Elle s’ennuyait et sa voisine de table lui avait donné un titre et une idée, elle devait ensuite lui écrire une histoire avec ceci. Cette amie n’étant pas une personne qui riait souvent, elle a voulu la « conquérir » en écrivant des histoires comiques et absurdes pour la dérider. Elle raconte qu’elle n’a jamais pu s’empêcher d’intégrer à ses histoires des éléments fantastiques issus de son imagination débordante, car la réalité est juste trop étriquée pour elle. Au grand enchantement des potterhead dans la salle, Christelle a aussi révélé qu’elle avait écrit une fanfiction dans l’univers de Harry Potter pour se dégourdir les doigts! Mais ce qui lui a permis de se rendre compte de son potentiel est le site communautaire Plume D’Argent  où des gens ont pu la relire et lui dire ce qu’ils pensaient de ses textes, de son histoire. Les encouragements et pouvoir partager avec d’autres auteurs et lecteurs a été d’une grande aide pour elle, manquant de confiance en elle. img_0439-2Les deux auteures parlent aussi de la difficulté d’arriver à une histoire finie, qui tienne et n’ai pas de problèmes de logique ou de scénario bancal.

Laure Delattre (éditrice chez Gallimard Jeunesseraconte que pour cette deuxième édition du concours, l’équipe avait très peur de ne trouver aucun manuscrit publiable, d’une qualité suffisante, mais – comme en 2013 – ils ont reçus énormément de manuscrits. Un grand nombre d’entre eux étant de genre fantastique et écrits par des femmes. Elle a aussi parlé de son métier d’éditrice et combien Gallimard accepte des manuscrits de tout les genres, du fait de leurs nombreuses collection spécialisées. Elle raconte que pour le premier tome de La Passe-Miroir – avant publication – ils n’ont eu besoin que de changer quelques noms qui n’avaient pas une consonance assez nordique, quelques virgules par-ci par-là et c’est tout. Quant aux Mystères de Larispem la fin a été quelque peu retravaillé pour ne pas laisser le lecteur sur une fin trop abrupte en attendant le tome 2!

Tom Lévêque et Michel Abescat nous ont aussi parlé de comment se sont passés les délibérations. Ils avaient trois textes sélectionnés par l’éditeur à lire et leur choix s’est porté presque de suite sur Les Mystères de Larispem pour son originalité et le rythme de l’écriture, Christelle Dabos (aussi membre du jury) se déclare totalement d’accord avec eux. Lucie Pierrat-Pajot a confié qu’elle comptait sur son cliffhanger pour gagner, espérant que voulant savoir ce qu’il se passait ensuite, le jury lui décerne le prix. Tom Lévêque parle aussi de son statut de blogueur et combien il aime avoir un regard analytique et littéraire sur les livres qu’il lit et critique. Il aime pouvoir avoir un contact « direct » avec les lecteurs et pouvoir conseiller ce qu’il a aimé, découvrir des auteurs peu connus et partager ses coups de cœurs. Je ne peux qu’être d’accord!

Sarah Philippe (libraire au rayon ados de la librairie Mollat) a parlé de son métier et comment elle aime apprendre à connaitre ses clients, leur proposer des choses qui pourraient leur plaire mais aussi des choses vers lesquelles ils ne seraient pas allés d’eux-même. Elle préfère parler de ce qu’elle aime et le faire découvrir au lieu de s’occuper de ce qu’elle n’aime pas; il y a tant de bons livres que passer son temps à dénigrer ce qui ne nous plait pas n’est pas intéressant. Elle parle aussi des services de presse qu’elle reçoit qui lui permettent de découvrir les livres en avance et savoir quoi mettre en avant à leur sortie, à qui en parler et pouvoir renseigner plus facilement les clients sur le contenu de ceux-ci.

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Si vous avez lu tout ceci et que vous ne connaissez pas encore La Passe-Miroir, laissez moi vous dire que c’est la meilleure chose que j’ai lu en français depuis longtemps. Les deux tomes sortis ont une place d’honneur dans mon étagère spéciale “favoris” et je suis sure que les deux prochains les y rejoindront très vite! L’héroïne gagne en confiance en elle aux fil des tomes et on l’accompagne à la découverte des “arches” dont son monde est constitué et dans les complots au sein des familles qu’elle découvre. Ajoutez à ceci des pouvoirs (dans son cas : voyager entre les miroirs comme s’ils étaient des portails, et lire le passé des objets en les touchant), un mariage arrangé, des gaffes, du mystère et des personnages hauts en couleur. Le fait que les couvertures soient magnifiques ajoute encore au charme de cette histoire! Je n’ai encore jamais rencontré qui que ce soit qui n’ai pas aimé ce livre ou qui en ai été déçu, l’amour pour ce livre semble être unanime! C’est l’un de ses romans dit “jeunesse” qui peut toucher tout le monde et nous transporte dans son univers sans effort au bout de quelques lignes.

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Vous pourrez aussi le retrouver en édition poche chez Folio dès le 11 mai !

 

 

 

 

Sans oublier une photo de la jolie vitrine de la librairie à l’occasion de ses 120 ans !

La superbe vitrine de la @librairie_mollat ! 💙📚✨

A post shared by Lucille (@adragoninspace) on

 

(initialement posté le 2 mai 2016)

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